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Transcription pour la vidéo : Qu’est-ce que le capacitisme ?

Durée de la vidéo : 06 min 32 sec

Un texte blanc apparaît au centre de l’écran, sur fond noir.

Le narrateur lit le texte suivant à l’écran :

00:01
Narrateur : Les exemples présentés dans cette vidéo sont inspirés de faits réels racontés par des membres du Réseau des personnes en situation de handicap d’IRCC.

Afin de préserver leur anonymat, les voix ont été interprétées par des comédiens et comédiennes.

Une musique agréable joue. Les images sont animées et formées à partir de formes de base.

Un soleil jaune brille dans un ciel bleu, violet et doré. Il y a une ville composée de bâtiments roses, bleus et violets.

Des sous-titres en blanc, contenus dans une boîte noire, apparaissent centrés en bas de l’écran.

00:16
Narrateur : Ce jour-là, j’étais en route pour une réunion importante. Je portais mon plus beau costume 3 pièces italien.

Chemise blanche impeccable, cravate bordeaux… Je me sentais bien.

La ville se dissout dans des formes qui rebondissent sur l’écran. Elles changent de couleur et de forme pour former une veste et un pantalon de costume marron, un gilet beige et une chemise blanche.

Une cravate bordeaux vient s’ajouter à la tenue comme touche finale. Les manches du costume remontent pour terminer le nœud de la cravate. Le costume fléchit, comme si une personne le portait.

Le costume se replie et devient un sachet de thé marron avec une étiquette bordeaux. Le sachet tombe dans un gobelet en papier vert.

Une personne orange souriante saisit le gobelet, le renifle et ferme les yeux.

J’ai pris un thé, puis je me suis arrêté pour faire une pause. J’utilise un appareil d’assistance pour me déplacer, donc je ne peux pas boire en conduisant.

La personne conduit un scooter de mobilité rouge et marron, sur fond brun orangé.

Soudain, j’ai entendu un bruit; quelque chose est tombé dans ma tasse. Une pièce de monnaie. Quelqu’un est passé, l’a jetée, pensant que je demandais de l’argent.

La bouche de la personne s’ouvre sous l’effet de la surprise. Elle jette un coup d’œil d’un côté à l’autre.

Une pièce d’argent gît au fond de son gobelet en papier. Une petite quantité de thé coule.

Une main se tend et lance une pièce en l’air.

Le jugement a été rapide. Malgré mon habit, on m’a perçu comme sans emploi, sans abri, dans le besoin.

La pièce est retournée. Le costume y est représenté sur l’un des côtés de la pièce de monnaie.

La pièce tombe contre un mur de briques violet foncé. Elle atterrit sur le trottoir devant un panneau en carton marron.

Le texte sur le panneau affiche : « Aidez-moi ».

Sur un fond noir, un texte blanc est affiché : « Capacitisme ».

00:55
Holly Ellingwood (parlant en anglais): Le capacitisme. Le capacitisme, c’est le genre de choses auxquelles on s’attend quand on entend parler des obstacles que rencontrent les personnes en situation de handicap. Mais il s’agit aussi de choses que l’on ne voit pas.

Dans une séquence d’action réelle, un homme aux cheveux gris en costume, qui porte une minerve, apparaît sur un fond blanc.

Le texte s’affiche : « Dr Holly North Ellingwood (il, le, lui)
Leader en accessibilité et en équité au sein de la fonction publique du Canada »

Dans une séquence vidéo, une barrière métallique rouge et blanche bloque un chemin de terre dans une forêt.

Les gens pensent que le capacitisme peut être le fait de ne pas mettre de rampe d’accès.

Des marches en pierres mènent à des bâtiments, à peine visibles.

Mais il s’agit aussi des obstacles comportementaux.

Des stores recouvrent une fenêtre dans une pièce sombre. Le soleil les éclaire légèrement lorsqu’il traverse le ciel.

Ce sont les obstacles visibles et invisibles que l’on trouve dans l’environnement et les attitudes qui existent en raison de défauts systémiques.

Des engrenages de machines métalliques tournent.

Le texte s’affiche : « Discrimination ».

01:23
Marie-Jeanne Nahas (parlant en français) : Le capacitisme est similaire à d’autres types de discrimination, comme par exemple le sexisme, le racisme ou l’âgisme.

En direct, une femme portant un blazer sombre apparaît à l’écran.

Le texte s’affiche : « Marie-Jeanne Nahas (elle, la)
Conseillère principale,
Bureau de soutien du personnel
Bureau du l’ombuds, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
Coprésidente du Comité consultatif interministériel des RH concernant les personnes en situation de handicap »

Une vidéo en gros plan montre des cheveux longs.

Un gros plan montre la peau d’une personne.

Un gros plan montre la peau d’une autre personne, qui est ridée.

Ça exclut, dévalorise, avec des préjugés, des microagressions, les personnes en situation de handicap.

Une plaque de glace se brise en plusieurs morceaux. De l’eau sombre se trouve en dessous.

Des vagues animées vertes, bleues et violettes traversent l’écran.

Une douce musique de jazz joue.

01:43
Narratrice : Les gens comprennent mal le spectre de l’autisme et pensent qu’on préfère la solitude, mais c’est un stéréotype.

Une figure humaine rose se tient seule dans une petite pièce sombre, contre un mur gris.

Ce n’est pas mon cas. Je suis sociable et passionnée.

Une explosion de feu part de la poitrine de la personne. Il explose en nuances de rose, de rouge et de violet. La personne se tient debout entre des lignes courbes colorées. Une cape apparaît dans le dos de la personne et elle s’envole.

Derrière elle, un énorme visage aux yeux scintillants la regarde.

Quand j’ai dit cela à ma gestionnaire, j’ai entendu la surprise dans sa voix.

La personne atterrit sur un graphique à barres. Le visage la regarde en haussant les sourcils. La personne se tient sur la barre la plus haute.

Je voulais mettre mes qualités à profit pour aider le ministère à grandir. Mais personne ne m’a donné ma chance.

Les yeux du visage se ferment. La personne tombe de la barre sur des vagues violettes et vertes. Sa cape tombe.

Le texte s’affiche : « Impact ».

Dans une séquence d’action réelle, Holly Ellingwood apparaît à l’écran.

02:08
Holly Ellingwood (parlant en anglais): Il y a aussi les autres choses auxquelles cela peut empêcher un individu d’accéder, par exemple le fait d’être perçu comme un partenaire, un parent ou un ami viable.

Dans une séquence vidéo, des gens flous marchent le long d’une rue bondée.

Une déchiqueteuse produit de longs brins de papier.

Nous sommes parmi les groupes au Canada ayant les taux d’emploi les plus faibles. Pour cette raison, nous sommes parmi les plus fortement représentés dans les niveaux de pauvreté du pays.

Un plan de plongée montre un quartier vaste et dense.

Toutes ces choses ont un effet négatif cumulatif sur l’estime de soi d’une personne. Si l’on est continuellement traité comme inférieur, il est difficile de ne pas intérioriser cette attitude.

Le tonnerre gronde et la foudre s’écrase à travers un nuage sombre.

Et c’est ce qui cause le plus grand tort.

Dans une animation, une petite boîte apparaît sur un fond gris foncé ondulé. Un œil violet regarde à travers.

Une personne marron enfonce ses mains à travers la boîte, et pousse sur les côtés pour créer un espace plus large.

02:45
Narrateur : J’ai appris qu’on me réduisait souvent à moins, peu importe mes accomplissements.

La personne lance une tige dorée vers le haut sur un fond mauve foncé.

Pourtant, j’ai un salaire au-dessus de la moyenne, des diplômes, et on a reconnu mon travail à plusieurs reprises.

La tige devient une boule. C’est maintenant une planète dorée dans une galaxie colorée.

Le ciel noir de la galaxie se dissout. La personne est toujours à l’intérieur d’une boîte.

Mais tout ce que les gens voient, c’est ma situation de handicap. Et aussitôt, on me réduit à ça.

Elle pousse contre les côtés. La boîte s’effondre complètement sur elle, puis elle s’agrandit à nouveau. La personne est maintenant très petite et floue.

Le texte s’affiche : « Signes ».

Marie-Jeanne Nahas apparaît à l’écran, en direct. Elle est assise dans un fauteuil roulant.

03:06
Marie-Jeanne Nahas (parlant en français) : On peut reconnaître le capacitisme par des stéréotypes et des généralisations, des microagressions, par des exclusions d’opportunités de carrière, par l’existence d’environnements inaccessibles, par des attitudes condescendantes, par le biais du système de santé, par le manque de représentation dans le leadership et par un refus de s’adapter

Le texte s’affiche : « Langage ».

Les principales améliorations à apporter au langage, c’est d’être inclusif, respectueux et centré sur la personne.

Une séquence vidéo montre un crayon de couleur qui colorie un carré rose dans un patchwork de couleurs.

De la peinture jaune, rose et orange coule ensemble.

Une fléchette atterrit au centre d’un jeu de fléchettes.

Par exemple, on dit une personne en situation de handicap. On utilise le mot « personne » avant tout. Mais aussi être à l’écoute de comment la personne en situation de handicap se nomme elle-même.

Une cassette commence à jouer.

Le son réverbère à l’intérieur d’un haut-parleur.

Dans l’animation, le mot « Débile » est écrit en bleu sur un fond gris avec des taches sombres.

04:05
Narrateur : J’entends des gens dire « débile » tout le temps.

De l’électricité le fait vibrer.

La plupart remarquent vite mon malaise et disent : « Oh, désolé, je n’y avais jamais pensé comme ça ».

« Désolé » apparaît en doré, à l’intérieur d’un motif circulaire doré.

Un dictionnaire s’ouvre.

Mais d’autres? Ils haussent les épaules : « Mais c’est dans le dictionnaire ». Comme si cela devenait acceptable.

Une personne pointe la définition de « débile ». Le dictionnaire se ferme.

Il y a plein de mots dans le dictionnaire qu’on ne dit plus. Et il y a une bonne raison pour ça.

Le dictionnaire est secoué. Les lettres tombent au sol. Un balai les balaie.

Le texte s’affiche : « Objectification ».

Marie-Jeanne Nahas apparaît en direct.

04:30
Marie-Jeanne Nahas (parlant en français) : La représentation des personnes en situation de handicap, que ça soit tragique ou inspirante, est considérée comme du capacitisme. Quand quelqu’un fait quelque chose de, qui est, entre guillemets, normal pour tous.

Dans une séquence vidéo, la lumière brille sur un plancher en bois. On voit l’ombre d’une porte qui traverse la pièce.

Je donne un exemple personnel : moi, je suis une personne qui se déplace en fauteuil roulant, je suis mariée, j’ai une carrière. Souvent, les gens vont me dire : « Wow, tu es vraiment inspirante! »

Un photographe tourne l’objectif d’une caméra. L’objectif s’ouvre plus large.

Alors on focusse sur mon handicap au lieu des choses que je fais tous les jours.

La lumière forme un kaléidoscope coloré à l’intérieur d’un espace sombre.

Le texte s’affiche : « Conscience ».

En direct, Holly Ellingwood apparaît.

05:09
Holly Ellingwood (parlant en anglais) : Lorsque les gens me demandent ce qu’ils peuvent faire pour s’assurer qu’ils ne sont pas capacitistes, j’aimerais avoir une réponse parfaite, la réponse. Mais malheureusement, ce n’est pas si simple.

J’aimerais que le monde me traite avec plus de gentillesse. Je ne vais pas prétendre le contraire. J’aimerais que le monde traite tous les gens avec plus de gentillesse. Je ne peux pas prétendre le contraire.

Il est très difficile de démanteler quelque chose qu’une personne ne veut pas voir.

Une séquence vidéo montre l’œil d’une personne qui se ferme lentement.

Il faut vraiment l’aborder avec compassion.

Un plan de plongée montre les vagues bleues de l’océan qui se brisent en mousse blanche. L’eau forme un tourbillon.

De la compassion pour les gens autour de soi, mais aussi de la compassion pour soi-même.

Le problème, c’est que nous entretenons tous et toutes, moi y compris, d’une manière ou d’une autre, ce système, comme les obstacles systémiques que nous connaissons.

Les rouages de machinerie métallique tournent.

Nous les entretenons de différentes manières, sans même nous en rendre compte, sans même le savoir.

C’est là que la conscience est vraiment essentielle :

La lumière brille à travers les veines d’une feuille verte.

Les gouttes de rosée sur une feuille brillent au soleil.

prendre de plus en plus conscience, s’éduquer, écouter vraiment les gens, reconnaître qu’il ne s’agit pas d’être une mauvaise personne, mais d’essayer de faire de meilleurs choix.

Cela en vaut vraiment la peine, parce que chacune de ces étapes signifie que nous nous rapprochons du moment où nous n’aurons plus à avoir ces conversations.

Le drapeau canadien apparaît en rouge sur un fond noir.

À côté, en blanc, on voit « Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada » et « Immigration, Refugees and Citizenship Canada ».

Le mot symbole « Canada » est affiché sur un fond noir.

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